À PROPOS

Art Souterrain est fier de présenter pour sa 13eme année consécutive, le Festival Art souterrain du 20 février au 30 avril 2021.

Cette année, le festival se réinvente en offrant un volet numérique (20 février au 30 avril) et un volet urbain (10 au 30 avril).

Plusieurs activités numériques seront accessibles tout le long du festival sur nos plateformes. C’est au cœur de Montréal qu’une trentaine d’artistes présenteront, pendant 9 semaines, des œuvres et performances d’art contemporain autour du thème de la Chronométrie. Les œuvres sélectionnées par les 2 commissaires, Nathalie Bachand (Canada) et Dulce Pinzon (Mexique) seront accessibles dans les espaces publics sécuritaires du réseau souterrain de Montréal en tout temps et gratuitement du 10 au 30 avril et ce même si la ville venait à rester en zone rouge!

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VOLET
NUMÉRIQUE

Dans ce volet, nous offrons de nouvelles expériences numériques à travers des activités en ligne exclusives dans le confort du foyer du public. Ces contenus engageants et à portée de main permettent des interactions entre le public et les artistes. Ce volet virtuel offre sans aucun doute un accès à l’art via le numérique élargi en ces temps plus difficiles. 

Nos activités numériques, qui s’échelonnent sur une période de 9 semaines, sont diversifiés : Lancement officiel, portrait d’artistes, rendez-vous performances, tables rondes, visions d’artistes, visions focus, parcours avec personalité.es publiques et plus encore. 

Du 20 février au 30 avril !

VOLET
URBAIN

Dès le 10 avril, les artistes présenteront leurs œuvres au cœur de Montréal à travers un parcours urbain souterrain de 4 kms (Est en Ouest) qui débutera au Palais des congrès de Montréal et se poursuivra au Centre de Commerce Mondial de Montréal, à la Place Victoria ainsi qu’à l’édifice Jacques-Parizeau.

Nous jumellerons le virtuel avec le physique, donc du 10 au 30 avril !

THÈME

 

Chronométrie

Produire, réinventer, communiquer, rire et aimer dans un balancement de plus en plus rapide, tel est le mantra d’une modernité qui n’a de cesse de rétrécir le temps, notre temps. Aussi, tout va de plus en plus vite et chaque unité de temps concentre toujours plus d’actions, de sensations et d’événements. Il nous est né de cette fuite en avant de nouveaux réflexes comportementaux ayant pour conséquence des relations éphémères et des habitudes d’immédiateté. 

La beauté du monde, c’est “la beauté de la vitesse” et à quoi bon regarder derrière nous déclarait Tommaso Marinetti dans son Manifeste du futurisme. Un siècle plus tard, cette “beauté” qui perlait des mots du chantre de la vitesse a pris les atours d’une bête muette quantifiant, mesurant et ordonnant chaque instant de nos vies. Cette mesure normative d’un temps calculé et mécanique n’altère-t-elle pas nos approches usuelles du temps ? Notre époque s’est-elle empêtrée dans les fils de sa propre vitesse ? Serait-ce alors la raison de la multiplicité des raccourcis dans notre quotidien ? 

En réponse, certains artistes du festival 2021 nous interpellent sur le fait que cette normativité se heurte à celle de leurs temps biographiques propres. En arrachant une à une les pétales d’une montagne de fleurs pendant des heures, le performeur Nic Wilson nous rappelle ainsi que le temps mécanique n’est pas le temps de l’expérience personnel ni le temps remémoré. 

Cette activité introspective, fugace et à jamais inachevée nous invite à réfléchir à des alternatives temporelles. Elle dégage d’un sentiment commun comme celui “de manquer de temps”, une conscience de nos limites face à l’accélération du monde. La puissante chronométrie qui articule notre société techno-économique et capitaliste n’est-elle pas aussi une faiblesse, un talon d’Achille qui limite notre regard sur des alternatives contre-culturelles, sociales et économiques ?

De même, en réinterrogeant une proposition artistique d’un avenir afro-futuriste de 1974, Space is the place, l’artiste Kitoko Diva, dans son installation vidéo, [The Black Man in the Cosmos], réactive une contre-culture de la chronométrie. Ce récit des afrodescendants convoque, un imaginaire afro soustrait du continuum capitaliste pour s’inventer une exode qui se mesure sur une échelle spatiale et temporelle proprement infinie. Mais ce temps d’une histoire de l’art afro et ses récits signale qu’ils se fondent sur des connaissances du passé, des périodes et des structures qui ne sont pas celles du modèle dominant et ses héros caucasiens. Autrement dit, les maîtres de la chronométrie sont aussi les maîtres des récits. Cette résurgence afrofuturiste nous invite à ne pas dissocier chronométrie et histoire.

Ces artistes parmi tant d’autres, subliment l’existence d’une réflexion collective sur une valeur socle à nos vies ainsi que le déterminisme technologique qu’il sous-entend, en cela que la science de la mesure du temps nous synchronise les uns aux autres au quotidien (téléphones, ordinateurs, rames de train, avion, etc.). Ils explorent, non sans poésie,  d’autres façons de relier passé, présent, avenir ; de mesurer nos distances et nos richesses. En effet, la quantification constante du temps, sa représentation et sa mesurabilité historique, géographique, monétaire et personnelle ne sont-elles pas les matières tangibles que manipule la chronométrie ? Pourquoi ne pas compter nos distances en plaisir parcouru et notre temps de productivité en degré d’épanouissement? 

Si la chronométrie est le fondement de notre modèle productiviste, elle impacte aussi tous les aspects de nos vies y compris des champs d’allure aussi éloignée que ceux du goût et des habitudes culinaires. La moindre cuillère de chocolat dans notre lait, de café au réveil ou de sucre dans nos pâtisseries interrogent des modèles globalisants et “chrono-consuméristes”. Car toutes ses cuillerées “innocentes” sont solidaires de monocultures imposées par une productivité dans une mesure de temps toujours plus rapide.  Et comme nous le savons ces “chrono-monocultures” dévastent à leur tour les écosystèmes et arrachent aux plus exposés jusqu’à la dignité humaine[1]. À ce titre, la banane de l’affiche du festival 2021, qui symbolise une mesure du temps rapide par son pourrissement, synthétise parfaitement l’urgence de consommer avant péremption d’un modèle capitaliste basé sur la chronométrie. En s’infiltrant dans des gestes aussi banals que de manger une banane, la chronométrie interroge un faisceau d’interrelations complexe. Après tout le temps n’est-il pas ce qui nous unit de la naissance au trépas ?

Cette question, nous amène à ouvrir un temps de réflexion replié sur lui-même, un “ins-temps” de réajustement ayant pour projet d’articuler un avenir dans lequel l’échéance de l’humanité est annoncée par une communauté scientifique qui n’a de cesse de rappeler que la chronométrie charpente nos besoins de satisfactions immédiates et de récompenses instantanées. Cette injonction met en vis-à-vis une modernité consumériste préjudiciable à l’écosystème et des traditions dites figées et passéistes, mais plus respectueuses de celui-ci.  

La chronométrie est-elle une voie sans issue ou constitue-t-elle une reconfiguration des relations humaines qu’il nous faut étreindre ? Dans un cas comme dans l’autre ne serions-nous pas au seuil d’une nouvelle ère ? Cette dualité entre l’équilibre de l’humain dans son écosystème et la pression de notre consommation de temps est un enjeu auquel les artistes de la 13ème édition du festival art souterrain essaient de répondre.

[1] On se rappellera par exemple le scandale de ces dernières années, les enfants esclaves du cacao de la Côte-d’Ivoire ou encore la stérilisation massive des paysannes indiennes pour une plus grande productivité notamment de sucre destiné à l’exportation vers les pays occidentaux

COMMISSAIRES

Dulce Pinzón

COMMISSAIRE INVITÉE

Dulce Pinzón est née à Mexico en 1974. Elle a étudié les communications par média de masse à l’Université de Las Americas à Puebla au Mexique et en photographie à l’Université d’Indiana en Pennsylvanie. En 1995, elle s’installe à New York où elle étudie au International Center of Photography.

Son travail a été publié et rassemblé à l’échelle internationale. En 2001, ses photos ont été utilisées pour la couverture d’une publication du livre de Howard Zinn « Une histoire populaire des États-Unis ». En 2002, Dulce a remporté la prestigieuse bourse Jovenes Creadores / FONCA au Mexique pour son travail. En 2006, elle a remporté une mention honorifique au concours du projet Santa Fe et a remporté la 12e édition de la Biennale mexicaine du centre de La Imagen. En 2006, Dulce a été membre de la Fondation pour les arts de New York en photographie et a été choisie artiste du Market Museum dans le Market du Bronx en 2007 et a reçu une subvention de la Fondation Ford en 2008.

Nathalie Bachand

AUTRICE ET COMMISSAIRE INDÉPENDANTE

Nathalie Bachand est autrice et commissaire indépendante. Elle s’intéresse aux problématiques du numérique et à ses conditions d’émergence dans l’art contemporain. Parmi ses commissariats on retrouve le projet de 32 expositions, regroupant 50 artistes, UN MILLION D’HORIZONS du réseau Accès culture pour le 375e de Montréal qui avait lieu à l’été 2017 ; et l’œuvre interactive Seuils de l’artiste montréalais Michel de Broin dans l’espace Âjagemô du Conseil des arts du Canada à l’hiver 2019. Plus récemment, son exposition The Dead Web – La fininitialement présentée à Eastern Bloc à Montréal, a été coproduite par Molior en Europe : au Mirage Festival à Lyon, au Mapping Festival à Genève, et au Ludwig Museum à Budapest, en co-commissariat avec Béla Tamás Kónya. Elle est également co-commissaire de la triennale EIM et chargée de projet pour Sporobole, centre en art actuel.

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