Clara Congdon

Montréal, Canada

Biographie

Clara Congdon est une artiste de la relève basée à Montréal. Elle crée des dessins cousus à la main et des livres d’artiste pour garder un souvenir de son expérience, souvent en se concentrant sur les façons dont l’expérience est formée par les constructions sociales de la notion du genre. Clara détient un baccalauréat en beaux-arts de la NSCAD University, où elle a reçu le prix des textiles Margó Marshall. Clara a récemment exposé des œuvres à la Anna Leonowens Gallery à Halifax, à The Red Head Gallery à Toronto et à la Galerie Monastiraki à Montréal. Son livre d’artiste Want to buy some illusions? fait actuellement partie d’Art of the Book 2018, une exposition ambulante d’œuvres par des membres de la Canadian Bookbinders and Book Artists Guild.

Démarche de l’artiste

Je crée des dessins cousus à la main et des livres d’artiste comme souvenirs de mon vécu. Je me concentre souvent sur les façons dont l’expérience peut être formée par les constructions sociales en matière de genre. En me servant de processus et de matériels portant l’étiquette traditionnelle de « féminin », j’interprète aussi de façon visuelle le travail d’écrivains et d’artistes des arts de la scène qui explorent l’oppression basée sur le genre, et qui remettent en question les attitudes binaires envers les genres.

Les textiles sont mon médium de choix, car ils me permettent de situer mon travail dans le contexte historique de la ségrégation professionnelle et de la définition du travail basé sur les textiles comme un « travail de femmes ». Par ailleurs, les textiles renvoient directement aux vêtements et au corps, et je me concentre beaucoup sur la politisation et la surveillance de ceux-ci dans ma démarche. Les surfaces de mes collages en tissu constituent souvent des patchworks de morceaux de vêtements usés, brodés à la main avec du fil qui avait auparavant tenu des coutures. Je m’intéresse aux façons dont un corps peut être porté comme un fardeau, comme décrit par certaines écrivaines féministes comme Susan Bordo et Roxane Gay. Par les illustrations brodées des grands groupes d’os et des organes vitaux, je tente de désapprendre la honte et de reprendre possession de mon corps politisé.

Je m’inspire de drag queens locales et internationales qui se servent de leurs corps pour ridiculiser, subvertir, exposer et exagérer les limites binaires en matière de genre. Afin de rendre hommage aux personnages créés par ces artistes, je crée des portraits tactiles et remplis de couches de leurs visages distinctifs au moyen de techniques d’appliqué et de broderie peu conventionnelles. La drag queen non binaire Victoria Sin a été le sujet de mon premier portrait drag. Comme moi, les drag queens ont été étonnées par le sentiment d’émancipation féminine qui les a animées la première fois qu’elles ont vu un drag show. Depuis, elles ont créé un personnage « high-femme » qui examine et parodie les constructions culturelles de la féminité, tout en élargissant la définition contemporaine de « drag ».

Mon projet Séries de calendriers à long terme est formé d’archives vivantes de mon exploration quotidienne de ce thème et d’autres, par le biais de courtepointes miniatures. Je choisis un concept différent chaque mois; ensuite, je m’emploie à documenter chaque jour sur un carré de tissu ou de papier de deux pouces. À la fin du mois, je couds tous les carrés ensemble. Par exemple, une fois, pendant tout un mois, j’ai cousu les manchettes qui apparaissaient le plus souvent chaque jour sur l’application de nouvelles de mon téléphone, alors qu’un autre mois j’ai cousu le nom des femmes ou créateurs non binaires d’œuvres que j’ai consommées. En mai 2018, j’ai simplement appris par moi-même de nouvelles techniques de broderie en m’employant à parfaire un différent type de point chaque jour. Au fil du temps, les calendriers agissent comme des témoignages de mes pensées changeantes, de mes expériences, de mes projets, de mes relations, de mes préoccupations et de mes observations.

Événements

Artch 2018